L’exclusion en question

Depuis vendredi 1er décembre nous participons à une série d’activités autour du thème de l’exclusion et des « sans domicile fixe ». Vendredi ce fut des ateliers organisés par la compagnie Triffis (Aymeric et Julie), lundi la projection d’un documentaire en salle de Cecco, où était aussi présente l’association entourage, et hier un spectacle donné par la compagnie Triffis à la maison folie Beaulieu de Lomme.

On vous parlera du documentaire et du spectacle.

Trois témoignages

Le documentaire durait une heure environ. Des gens qui n’ont pas de domicile fixe donnaient leur témoignage. Ils étaient aussi présents lors de la projection du documentaire. Dans le film ils racontent leur parcours. Ils sont trois : Loubna, Mickaël et Kenny.  Ils racontent comment ils se sont retrouvés dans la rue.  Kenny vivait dans des familles d’accueil et a fugué plusieurs fois jusqu’à ce qu’il se retrouve sans foyer. Il dit qu’il a fait de mauvais choix. Dans la rue il vivait avec des compagnons d’infortune.

Il y a trouvé une solidarité. Ils se protégeaient les uns les autres. Un jour il a été arrêté suite à une bagarre. Sa vie a changé depuis : il vit dans un appartement et il a un travail. Mais chaque mois il éprouve le besoin de passer une nuit dans la rue.

Kenny s’exprime

Loubna et Mickaël continuent de vivre dans la rue. Mickael a fait le pèlerinage de Compostelle. Il aime visiter des monuments et fait toutes sortes de dessins dans la rue, qu’il donne ensuite aux gens (il ne les vend pas).

 

 

Le spectacle, intitulé HOME, qu’on a vu hier à la maison folie Beaulieu nous a fait penser à une pièce de théâtre ou à un ballet avec des éléments de cirque – des figures, des acrobaties, des tours.

Home

Ça nous a rappelé les témoignages entendus lundi.  Une scène évoquait les agressions qui peuvent avoir lieu dans la rue : Yohann et Aymeric bousculaient Julie qui se débattait. Puis ils la soulevaient et la jetaient en l’air sous forme de figures de cirque avant de la rattraper. La violence à l’égard des femmes n’est pas montrée mais suggérée.

Autre problème abordé : l’alcool. Les trois acteurs se sont mis à tourner rapidement sur eux-mêmes pour s’étourdir comme s’ils étaient saouls et, dès qu’ils s’arrêtaient, buvaient de l’eau qui symbolisait l’alcool.

Dans la première scène Aymeric, Yohann et Julie apparaissent dans une figure complexe : Yohann se tient au-dessus d’une cabine téléphonique équipée de roulettes. Aymeric pousse un ensemble composé d’un caddy, de la cabine et d’un banc sur lequel est assise Julie. Ils forment un groupe joyeux. Yohann est habillé en costume cravate. Aymeric le fait descendre. Ils font exploser un pétard à confettis puis Aymeric et Julie déshabillent Yohann presque entièrement. Il se retrouve sans rien et dans la rue. Ça symbolise qu’on peut basculer rapidement d’un état à un autre.

L’un des moments le plus remarquable est quand Yohann, devenu clochard, se construit un foyer imaginaire (un HOME) avec des boîtes de carton. Il transforme le banc en sofa, une boîte de carton en ordinateur portable, une autre en télévision ; avec d’autres boîtes encore il fabrique un personnage qu’il assoit à ses côtés. Il refait ce qu’il a perdu avec les emballages que les gens ont rejetés.

Après le spectacle, il y a eu une petite collation, et on a pu discuter avec les acteurs.

à la Maison folie Beaulieu de Lomme

Le documentaire et le spectacle nous ont montré que tous ceux qui vivent dans la rue ont des parcours différents. Nos parcours sont aussi différents, mais les « sans domicile fixe » sont plus proches de nous qu’on ne le suppose au départ.  

Kylian Bolluyt et Maxence Leclerc, 2e2